On a retrouvé Federer!
C’est un Roger Federer retrouvé qui s’est magistralement imposé lundi soir en finale de l’US Open 2008 en battant Andy Murray sur le score cinglant de 6-2 7-5-6-2. Cette victoire, sa cinquième consécutive, ne souffre d’aucune discussion et signe le retour en grande forme du Suisse. Opposé au jeune Murray, impressionant bourreau de Nadal, Federer n’a jamais semblé en grande difficulté, tant son jeu avait retrouvé toute sa magie. Son adversaire du jour a eu beau tenté de lutter, il lui a manqué bien plus qu’un peu de réussite face à la leçon de tennis du numéro 2 mondial, qui “sauve” ainsi une saison bien pâlotte.
Le match commence avec un Roger Federer bien décidé à frapper d’entrée de jeu. Un jeu blanc conclu en moins d’une minute ouvre les feux. Murray ne se démonte et arme lui aussi un jeu rondement conclu à 40/15. Federer continue sur sa lancé mais Murray s’accroche et reste dans le sillage du Suisse. Mais celui-ci est décidé à ne pas laisser l’Ecossais s’installer dans le match, et le premier break intervient déjà à 4-2 sur une faute directe de Murray. “Rodge” a reglé la mire et ses coups droits claquent comme des coups de fusil et débordent sans cesse le pauvre Murray, qui de son côté est coupable de trop de fautes directes. La punition ne tarde pas et c’est un double break qui conclue ce premier set sur le score sec de 6-2. Murray semble tétanisé par l’enjeu (c’est sa première finale de grand chelem) alors que Federer est déchaîné.
le deuxième set est à peine commencé que Federer mène déjà 2-0. Inquiétant pour le spectacle, même si le Suisse nous régale de coups droits ultra puissants. Toutefois, Murray n’est pas non plus le premier venu et il démontre ses qualités de coeur en revenant dans la foulé à 2-2. L’Ecossais se lâche enfin et commence à poser plus de problèmes à son adversaire. Mais celui-ci ne semble guère gêner de devoir courir et c’est toujours lui qui semble le plus à l’aise sur le terrain. Murray ayant retrouvé son jeu et sa confiance, le spectacle commence enfin et les deux joueurs échangent alors quelques jeux superbes, même si les fautes directes restent nombreuses. Mais à 6-5 Federer, Murray craque sur son service, littéralement agressé par les montés au filet de Federer, qui conclue le break sur une course magnifique consécutive à une amortie un peu court de Murray. La rage du Suisse fait plaisir à voir et il s’adjuge le 2e 7-5.
Avoir perdu le 2e set semble avoir complètement assommé Murray qui est complètement à côté de ses baskets dans le 3e. Federer le submerge par son agressivité en coup droit comme sur ses montés rageuses, et l’Ecossais s’écroule totalement, subissant deux breaks en jeu blanc. Comme en plus il n’a guère le droit au chapitre sur les jeux de service du Suisse, il se retrouve rapidement mené 5-0 par un Roger en mode “Federer Express”. Le petit regard vengeur du Suisse au changement de côté en dit long sur sa détermination et sa rage de vaincre. Cela faisait bien longtemps qu’on avait plus vu Federer jouer aussi bien et afficher une telle gnac. Murray s’élance alors pour son baroud d’honneur, remportant son jeu de service à 40/15 et s’offrant un sursis. Il s’arrache ensuite pour débreaker une fois son adversaire, faisant preuve d’un très bel état d’esprit. Mais Federer est ce soir bien trop décidé et c’est sur le service de Murray, après un échange impressionnant durant lequel le numéro 2 mondial a mis toute la rage accumulée pendant cette saison frustrante dans son coup droit rageur, son premier smash et enfin son deuxième qui achève le valeureux Andy, que le match s’achève sur le score sans appel de 6-2 7-5 6-2!
Bravo à Andy Murray qui a eu le mérite de se battre jusque sur la dernière (et totalement désespérée) balle, malgré le fait que la match était plié. On regrettera pourtant d’avoir vu l’Ecossais stressé et bien trop nerveux, à mille lieux du flamboyant vainqueur de Nadal. Mais le mérite en revient tout particulièrement à Roger Federer. Le nouveau recordman du nombre de victoire consécutive à Flushing Meadows a été étincelant pendant toute la rencontre, se montrant très agressif sur ses montés au filet (31 gagnantes sur 44) et absolument injouable sur ses coups droits. Il consacre ainsi de la plus belle des manière son retour, faisant taire les critiques qui lui reprochait un certain désintérêt et lui prédisait une lente mais inéluctable descente. C’est le 13e titre du Grand Chelem pour le Suisse qui se rapproche à une victoire du record absolu de Pete Sampras. Mais ce soir, les records (pour une fois) n’importaient pas tant. Ce soir, Roger a envoyé un message clair et fort: il va falloir encore compter sur lui et il n’est pas prêt de s’écrouler. Ce soir, Roger a fait plaisir à tous les amoureux du tennis; oui, on continuera à admirer son jeu si magnifique, oui, il est de nouveau en possession de tous ses moyens. Et au final, même si ce dernier match n’a pas été à la hauteur des attentes, cette victoire pourrait bien se révéler l’une des plus belles de Federer.
La tempête du renouveau (les femmes)
Depuis la retraite anticipée de la reine du circuit, la Belge Justine Henin, le tennis féminin passe par tous les états d’âme. En effet, personne ne s’est encore détaché du peloton pour prendre sa place. Successeure désignée, la longiligne Maria Sharapova n’a pas tenu bien longtemps en tête et depuis quelques mois en balbutie même son tennis. La nouvelle numéro une mondial, la charmante Ana Ivanovic n’aura tenu que 12 semaines avec une interruption au profit de sa compatriote Jelena Jankovic pendant sept petits jours. Sa défaite au deuxième tour face Julie Coin aura été fatale. Finalement, au terme d’une bataille acharnée entre la multitude d’autres prétendantes, c’est la revenante Serena Williams qui reprend la place de numéro une qu’elle avait jadis occupée.
Le classement technique du circuit WTA se lit ainsi comme suit: 1. S.Williams 2. Jankovic 3. Ivanovic 4. Dementieva 5. Safina 6. Sharapova. Autant dire que ces six joueuses se tiennent dans un mouchoir de poche, l’écart entre la première et la sixième n’étant que de 1000 points, et que la hiérarchie devrait rapidement subir des modifications. Ce qui ne peut qu’être réjouissant car la bataille féroce que se livrent ces jeunes femmes offre un spectacle rarement égalé sur le circuit féminin.
Le tennis féminin a subi un changement de style impressionnant depuis l’avènement des soeurs Williams et de leur génération. Là où autrefois une Martina Hingis imposait son jeu très technique, désormais les cogneuses triomphent. Les balles fusent de plus en plus vite et le profil type de la sportive de haut niveau se résume de plus en plus à une joueuse très solide physiquement, capable de frapper très fort et de défendre extrêment bien.
L’arrivée de certaines tenniswomen plus complètes au niveau de leur coups d’attaque, mais toujours aussi puissantes, telles qu’Ivanovic, Jankovic ou Dementieva est une excellente nouvelle, en particulier pour le spectacle. En effet, le tennis féminin, autrefois taxé de très lent, est devenu beaucoup plus rapide et varié. L’embouteillage pour la place de numéro une est une autre excellente nouvelle, puisque les leaders n’ont guère le droit à l’erreur et se doivent d’assurer à tous les tournois. La faillite d’Ivanovic, qui après avoir remporté Roland-Garros et accédé au trône a subi une série d’échecs très tôt dans les tournois, l’a clairement montré, la numéro une est constamment talonnée par une meute affamée et doit à tout prix terminer à chaque fois dans les premières.
La preuve définitive est apporté par Jankovic qui bien qu’elle n’a gagné qu’un seul tournoi cette année à Rome est actuellement numéro deux et a même été numéro une pendant une semaine. Sa constance et sa régularité dans les tournois (elle atteint pratiquement chaque fois au moins les quarts ou les demis) l’a conduite aux avant-postes où elle guette la faute de la numéro une pour lui chiper aussitôt sa place. Mais Jankovic n’est pas la seule à lorgner sur la place de Serena.
Ana Ivanovic, bien que dépossédée de son trône entend bien remonter rapidement, une fois remise d’une blessure au poignet qui la handicape régulièrement. Elena Dementieva est enfin prête pour son heure de gloire. La Russe a comblé ses lacunes au service et se montre enfin à la hauteur de son immense talent, sa victoire aux jeux olympiques a fait d’elle la favorite de bien des observateurs. Dinara Safina, la soeur de Marat, est la révélation de l’année. Sa progression au cours de cette saison a été foudroyante, et même si comme son frère elle affiche encore une certaine faiblesse mentale, son jeu est vraiment redoutable. Finaliste aux JO et à Roland-Garros, vainqueure des tournois de Berlin, Los Angeles et Montréal, elle pourrait bien progresser encore rapidement et venir tutoyer les sommets. Derrière, Sharapova est en net recul depuis sa blessure à Rome. Mais la blonde va rapidement revenir et sa force de frappe intacte fait d’elle une sempiternelle prétendante.
Derrière tout ce petit monde, Svetlana Kuznetsova, qui aurait pu passer numéro une si elle avait gagné l’US Open, Agnieszka Radwanska, Vera Zvonareva ou encore Caroline Wozniacki mènent l’armada des filles de l’Est et leur marge de progression impressionne au moins autant que l’inusabilité du réservoir de talents à l’est de l’Europe. Nul doute que le tennis féminin va devoir attendre encore un moment avant de trouver sa reine!
La tempête du renouveau (les hommes)
De la même façon que la tempête a soufflé sur Flushing Meadows, apportant un vent bouleversant l’ordre des choses, un air de changement souffle sur le tennis de haut niveau en cette fin de saison. L’hégémonie de Federer avait déjà été mise à mal depuis quelques temps par Nadal, Djokovic était venu se joindre à la lutte pour les premières places, voilà qu’un petit nouveau vient encore bouleverser les choses. Andy Murray, 21 ans, écossais, a démontré tout au long de l’American tour et de l’US Open qu’il allait falloir compter sur lui à l’avenir. Son jeu tout en touché, en variations de rythme, son revers à deux mains monstrueux et sa défense digne de lutter contre celle de Nadal lui garantissent d’ors et déjà de belles empoignades avec les trois colosses du tennis masculin.
Alors que Federer a démontré qu’il était encore bien bien loin de s’écrouler, voilà que ce petit écossais se profile encore comme un redoutable adversaire pour le nouveau numéro un espagnol. Décidément, ce n’est pas de tout repos de s’asseoir sur le trône du roi! Les demis-finales ont en tout les cas prouvé ceci: l’ordre hiérarchique pourrait bien être bouleversé assez rapidement, tant les quatre hommes semblent proches les uns des autres. Elles ont également prouvé que le tennis ne pouvait que sortir grand vainqueur des affrontements futurs tant le spectacle proposé s’est révélé être un pur régal pour les yeux!
Entre Nadal, l’infatigable taureau au mental infaillible, Federer, le roi déchu qui garde toujours son jeu si pur et complet, Djokovic, le cogneur de coup droit au service ultra-puissant, et Murray, l’homme qui anticipe plus vite que son ombre, défenseur très aérien et rapide, la course au trône est lancé. Avantage Nadal, qui a fait trébuché l’immense Federer cette année après une moisson de titre impressionnante. Mais ce que cette fin d’année apprend, c’est que le gaucher de Manacor n’est pas invincible. Et il va avoir fort à faire face à un Federer vexé, décidé à récupérer son dû, un Djokovic aux dents très très longues qui va sans cesse en s’améliorant, et un Murray qui peut paraître anodin mais qui possède une confiance et des ambitions largement supérieur à être le quatrième homme.
C’est ça le sport!
Après 3h32 d’un duel acharné, Federer peut enfin laisser éclater sa joie et esquisser un sourire. Oui le Bâlois a passé l’écueil Andreev, mais que ce fut dur! Opposé au cogneur russe, Rodger a frisé le code tant il paru par moment “à côté de ses pompes”. Mais au final, c’est bel et bien lui qui avance pour aller affronter la surprise Gilles Müller, numéro 130 mondial et tombeur de Davydenko en 4 sets.
Pris à la gorge d’entré par un Andreev décidé à jouer crânement sa chance, Federer subissait le break sur son premier jeu. S’il le récupérait un peu miraculeusement à 4-5 service Andreev, ce n’était que pour subir la loi du Russe au tie-break sur une balle sortie par Federer à la limite de la ligne. A la question de l’arbitre s’il demandait le challenge, Federer de répondre ” Challenge, of course!” Premier inquiétant signe de colère de la part du Suisse.
Dans le deuxième set, la tête de série n°23 faisait parler la poudre sur ses coups droits surpuissants, mettant Federer à l’agonie, qui s’accrochait désespérément en restant au score jusqu’au tie-break. Un tie-break qu’il entamait parfaitement, prenant rapidement le large avant de subir deux mini-breaks à 6-3 pour laisser le Russes revenir et reprendre espoir. Mais Federer assurait l’essentiel et remportait ce tie-break de tous les dangers.
Le Suisse paraissait alors plus libéré et entamait le 3e set au pas de charge. Même si de trop nombreuses erreurs entachait encore son jeu (60 fautes directes au total!), il remportait ce set en breakant rapidement Andreev pour ne plus le laisser revenir. La vapeur était complètement renversé, le Federer express lancé et le score de 6-3 dans ce set laissait augurer le pire pour le Russe.
Hé non! Andreev ne baissait pas les bras et retrouvait toute sa puissance. Derrière ses coups droits liftés ravageurs et son service dévastateur, il reprenait l’avantage et poussait Federer au 5e set en remportant le 4e 6-3.
Un 5e set de tous les dangers et de toutes les émotions! Federer alignait les coups gagnants magnifiques pour suivre immédiatement derrière avec une faute grossière, permettant à un Andreev héroïque de résister jusqu’au bout. Les nerfs de Roger ne craquait pas et c’est lui qui se montrait le plus solide au bout de la nuit, à la fin d’un superbe affrontement comme on aimerait en voir plus souvent! “Jouer des gros matchs comme ça sur le central, ça me rend heureux, a déclaré le n°2 mondial. Je n’ai pas toujours eu la possibilité de montrer mes qualités de battant ici car j’ai souvent gagné en trois ou quatre sets. C’était comme une grande fête.” Pour nous aussi Rodger et on espère que tu nous en fera vivre encore beaucoup!
The Road to Redemption (Part 3)
Tout était en place. Toutes les conditions étaient réunies pour que l’on assiste à cette finale de rêve que l’on attendait depuis le début du tournoi. “The Redeem Team” américaine face à l’armada espagnole, championne du monde en titre. Les Américains en mode buldozer depuis l’entame de leur quête de rédemption affrontait pour la deuxième fois les Ibères. Nul doute que ces derniers n’allaient pas laisser filer le match comme au premier tour, lorsqu’ils avaient pris une claque de plus de 37 pts face à Kobe and Co. Pourtant, avec la blessure de leur maître à jouer, le meneur José Calderon, les circonstances n’étaient pas très favorables. En effet, le coach Aïto Garcia était forcé d’aligner Juan Carlos Navarro, complètement transparent dans ce tournoi, et le petit Ricky Rubio, 17 ans, comme ligne arrière.

Dwight Howard dunk face à Gasol. L'Ibère remporte le duel, mais l'Américain empoche la victoire
Lebron ouvre d’emblée les feux avec un 3pts, immédiatement répondu par Gasol qui égalise avec un 2+1. Les Américains tentent de mettre la pression sur les meneurs espagnols, mais Rubio ne se démonte pas, parfaitement aidé par Navarro qui se montre enfin à son vrai niveau. “La Bomba” intercepte, transmet à Ricky qui fixe toute la défense US pour donner le dunk sur un plateau à Gasol. C’est parti très fort et c’est pas prêt de se calmer, puisque Melo aligne directement un trois point derrière. Mais Jimenez répond à son tour et Navarro donne même 4 points d’avance à ses couleurs avec 3 lancers francs. Mais c’est le moment pour Dwyane Wade de sortir sa panoplie de flying man.

"Flash" extraordinaire avec 27 pts face à l'Espagne
L’arrière de Miami commence un show abusé. Drive ultra rapide, suivi par un autre sur lequel il obtient encore la faute, interception, dunk en contre-attaque…”Flash” est définitivement de retour et entraîne ses coéquipiers dans un rythme complètement dingue. Les Américains jouent systématiquement la contre-attaque, même lorsqu’ils encaissent un panier. Les Espagnols résistent tant bien que mal, grâce à Rubio, qui garde un sang-froid digne d’un vétéran, et un Navarro transfiguré. Les Ibère trouvent bien Gasol à l’intérieur et celui-ci fait tourner Howard en bourrique (7pts pour le grand Pau dans le 1e quart). Le premier quart s’achève sur un 3 de l’inévitable Wade (13 pts à 100% en 6”30) et un score qui laisse rêveur: 38-31!

Pau Gasol toujours aussi solide termine la rencontre à 21 pts et 6 rebonds
Le deuxième quart continue sur ce rythme incroyable. Kobe, puis Melo allument et donnent 13 points d’avance à Team USA. Il faut dire qu’avec 5/7 à 3 pts les Américains font exploser la zone espagnole, puis l’achèvent sur leurs contre-attaques. Mais les Espagnols sont tout aussi ahurissants, et sans se démonter remontent tranquillement à 6 pts, avant que Wade recommence son show. Il pique la balle dans les mains de Navarro et traverse le terrain pour scorer sans problème, plante un 3 pts derrière et offre ensuite le shoot 3pts dans un fauteuil à James qui ne rate pas l’aubaine. Les Espagnols sont au bord de l’asphyxie tant le rythme des stars NBA est étouffant.

Felipe Reyes a fait parler son intensité avec 10 pts et 7 rbds
Mais face à “Flash” se lève Rudy Fernandez. Le nouvel arrière de Portland rattrape Wade sur une planète connue d’eux seuls et assène un 5-0 aux USA. Mais Wade est toujours aussi inarrêtable et score à nouveau derrière l’arc. Le retour espagnol a-t-il fait long feu? Non! Rudy réplique immédiatement avec lui aussi un tir primé. Les deux arrières enflamment le parquet et le score enfle pour atteindre des proportions rarement vues à ce niveau. A la mi-temps, les USA mènent 69-61! D-Wade est déjà à 21 pts et Rudy à 13 pts en 9 minutes.

Incroyable Rudy Fernandez qui répond coup pour coup aux stars NBA
Au retour, Gasol ramène immédiatement les siens à 4 pts. L’écart se stabilise pendant de longues minutes durant lesquelles Américains et Espagnols se rendent coup pour coup. Le spectacle est total et des deux côtés les défenses, pourtant très appliquées, souffrent mille maux. D-Wade, encore lui, donne 10 pts d’avance à deux minutes de la fin du 3e quart à Team USA et les Américains semblent pour de bon au contrôle d’un match absolument magnifique. James et ses coéquipiers jouent parfaitement face à la défense de zone des Ibères, contrairement à la demi-finale face aux Argentins. Sur un nouveau trois d’un Melo Anthony très adroit, les Américains pensent avoir fait le trou à 11 pts, mais Navarro plante un drive au buzzer, gardant son équipe en dessous de dix points de retard, conservant ainsi tous les espoirs pour le dernier quart.

Melo au lay-up. Il termine à 13 pts
De retour sur le parquet, les Américains imposent leur physique et font pression sur Navarro qui, fatigué, rate deux paniers faciles. Même si Gasol vient placer une claquette rageuse sur une des tentatives de “La Bomba”, les Espagnols ont besoin de plus de fraîcheur rapidement. Rudy rentre alors, bien qu’il soit déjà à 4 fautes. Prise de risque payante puisqu’il ramène des Ibères héroïques à deux points de Team USA. C’est le moment que choisit Kobe pour montrer une fois de plus qu’il est le plus grand killer du basket mondial.

Le Black Mamba a frappé. Kobe encore une fois ultra clutch
Sur deux actions incroyables, il redonne de l’air à ses troupes à 96-89, puis répond par un trois points incroyable à un énième exploit de Rudy. Lebron James scorant encore sur un rebond offensif à l’arraché, les Américains font le trou 103-92 à 5 minutes de la fin de la rencontre, et semblent s’être adjugé la mise pour de bon, surtout que les Ibères semblent fatigués.

Sans faire de bruit, Chris Paul a imposé sa marque sur le match avec 13 pts et 5 assists
Faux, archi-faux! Rudy, toujours lui, réveille ses troupes en prenant toute la défense US de vitesse pour claquer un tomar retentissant sur la tête de Dwight Howard! La confiance est de retour et Gasol s’arrache pour ramener les siens à 104-99, sur un shoot mi-distance grâce au ménage effectué par son frère qui envoie deux défenseurs au tapis. Mais une fois de plus, Kobe prend les choses en main. Il réussit l’action du match avec un énorme tir primé sur la tête de Rudy Fernandez, qui fait sa 5e faute et doit sortir du terrain. 108-99 à 3”10 de la fin, vous avez les salutations du Black Mamba! Comme dirait les ricains: It’s over baby!
Et bien toujours pas! Dans ce match complètement fou, on va de surprises en rebondissements hallucinants. Navarro, qu’on croyait définitivement cramé, plante un tear-drop au milieu de la défense US et Jimenez enchaîne avec un énorme jump-shoot. les Espagnols sont à nouveau à 4 pts! Mais voilà, les Américains ont bien trop de ressources. D-Wade refait parler de lui avec un énième trois points qui crucifie le retour espagnol: 111-104. Kobe plie le match sur une pénétration conclue tout en touché à travers la zone ibère. Sur une poignée de lancers francs, ce match complètement fou s’achève sur un score bien trop flatteur pour les USA: 118-107.
Cette rencontre, tout simplement une des plus belles jamais vue dans une compétition internationale, aura été l’écrin rêvé pour terminer la quête de la “Redeem Team”. Une victoire magnifique face à une équipe espagnole héroïque, qui est resté dans le sillage de ses adversaires pendant toute la partie, recollant au score à chaque fois qu’on la pensait définitivement sonnée. Dans le sillage de l’abasourdissant Rudy Fernandez (22 pts à 5/9 à 3pts), et l’ultra solide Pau Gasol (21 pts et 6 rbds), les hommes d’Aïto Garcia auront fait valoir leur immenses qualité de coeur. Malheureusement pour eux, en face, Wade (27 pts à 9/12 et 4 steals), Kobe (20 pts et 6 assists) et James (14 pts, 6 rbds, 3 assists et 3 steals) n’avaient pas l’intention de laisser l’or à qui que ce soit d’autre. Superbe équipe américaine qui remporte son tournoi avec la manière et le coeur!
The Road to Redemption (Part 2)
Après avoir facilement disposé des Australiens en quart de finale, Team USA se frottait aux champions olympiques en titre, l’Argentine. Ce match avait doublement saveur de revanche pour les américains puisque c’est les Argentins qui les avaient éliminé déjà en demi-finale en 2004. Ayant profité d’un boulevard et d’équipes qui avaient abandonné avant l’heure telles l’Espagne et la Grèce, Team USA affrontait son premier véritable test.
Dès l’entame le ton est donné. L’ambiance est ultra chaude dans la salle, les deux équipes très motivées, et tout le monde semble remonté. Les défenses sont bien en place et les attaques souffrent. Les US arrosent à trois points et après 3 minutes de jeu, le score n’est que de 3-2 pour Kobe et ses potes. Scola ouvre alors les feux avec un superbe hook face aux intérieurs américains, mais Kobe et James lui répondent immédiatement. Le jeux offensifs des Américains s’est mis en place et le score évolue rapidement. Sur un trois point magnifique de Kobe les USA prennent le large à 12-4. Du côté argentin, rien ne va. Gino est déjà à 2 fautes, les balles perdues et les shoots manqués pleuvent, et le coup de massue tombe à la 7e minute déjà. Manu Ginobili, patron absolu de l’Argentine, triple champion NBA, se blesse à la cheville et doit quitter ses coéquipiers! Il ne reviendra pas, sombre augure d’un match qui s’annonce désastreux pour les Sud-américains.

El Manu se blesse dès la 7e minute, sale nouvelle pour l'Argentine
Surtout que les stars NBA, elles, sont dans leur match! La balle tourne bien, et après une superbe combinaison collective, Chris Paul se retrouve dans un fauteuil et fait passer le score à 21-4! Les USA jouent tout simplement trop bien et les Argentins ne semblent pas remis du départ de Gino. Nocioni sauve ce qui peut l’être avec un 3pts abusé au buzzer entre deux défenseur, mais le mal est fait et bien fait! A l’issue du premier quart, Team USA mène tranquillement 30-11. Les Argentins ont shooté à 4/14, alors que leurs adversaires déroulaient un 11/19. Avec l’absence de leur feu follet offensif et un banc trop pauvre, les trentenaires argentins semblent déjà cramés. Encore une promenade pour “The Redeem Team”…

Lebron James au lay-up. il termine à 15 pts et 5 rbds
Erreur! Les Argentins ne baissent pas la tête et reviennent déchaînés. L’absence de Gino semble avoir libéré certains piliers de l’équipe. Scola d’abord, sur un panier plus la faute, puis Nocioni sur un block énooorme sur Kobe réveillent le public et leurs coéquipiers. L’illustre inconnu Quinteros score à trois point et les Argentins reviennent à 37-21. La balle tourne de nouveau en attaque et la défense pose enfin des problèmes aux Américains. Les seconds couteaux argentins que tout le monde présentait comme beaucoup trop faibles se battent comme des morts de faim et ramène leur équipe à 12 points des stars US.

la surprise des remplaçants argentins. Ici Gutierrez face à Bosh
La défense de zone des blancs est d’une intensité monstre et Lebron vient s’y casser les dents à plusieurs reprise. Team USA ne parvient absolument pas à donner la balle à Bosh à l’intérieur alors que les Argentins eux servent Scola à merveille sous le panier. Celui-ci martyrise la défense US et à quelque secondes de la fin de la première période, l’avantage n’est plus que de 6 points pour les USA. Mais sur la dernière possession, Melo obtient trois lancers francs de façon très discutable pour une soit-disant faute de Gutierrez. Il ne tremble pas et renvoie tout le monde aux vestiaires à 49-40 en faveur de Team USA.

Melo au shoot face à l'Argentine. 21pts et 4rbds pour lui
Début de la deuxième mi-temps, Les Américains ont retrouvé leur hargne du début de rencontre. On joue dans la raquette avec Dwight Howard et ça marche. 53-40. Le ton et l’agressivité sont montés sévèrement et ça commence à faire des étincelles. L’arbitre tente de calmer tout le monde, mais c’est le moment que choisit Oberto pour tenter “d’assassiner” Howard. Kidd intervient alors et calme ses coéquipiers avec autorité. Du côté de USA Basketball on se frotterait presque les mains; voilà le patron expérimenté qui manquait aux dernières expéditions internationales. Mais le jeu reste très dur et chaque panier est chaud, chaud, chaud! Oberto et Nocioni prennent coup sur coup leur 4e faute. ça commence à devenir serré pour les Argentins, même si Scola continue son festival à l’intérieur, déjà 20 points pour lui.

Un match très dur en défense. Ici, James qui s'empêtre dans la zone argentine
Mais l’écart enfle sous la pression physique américaine face à une équipe argentine qui commence à fatiguer. Melo continue son travail de sape aux lancers francs avec un parfait 13/13 (il finira meilleur scoreur US avec 21 pts), et Team USA impose définitivement son impressionnante puissance physique. Delfino entretient l’espoir du côté adverse avec quelques paniers ultra chauds dans le “money time” (15 de ses 17 points dans la 2e mi-temps) et Scola est toujours aussi monstrueux. Mais les USA sortent alors Wade et Paul de leur chapeau magique. Les deux arrières respirent la fraîcheur et achèvent les Sud-américains avec leur vitesse (12 pts au final pour les deux). Sous leur impulsion, Team USA fait s’écrouler ses adversaires et s’impose finalement 101-81.

Wade accèlère et achève des Argentins valeureux mais fatigués
C’est sur de très belles images de fair-play que cette demi-finale très musclé s’achève. Kobe félicite l’incroyable Luis Scola, qui aura fait souffrir les Américains avec 28 pts et 11 rebonds. Mais cette rencontre aura prouvé que l’effectif argentin n’avait pas les ressources physiques pour lutter avec les 12 all-stars américains. Ceux-ci livrent une excellente partition. En gardant leur calme et leurs esprits face au défi physique argentin, ils ont prouvé qu’ils jouaient davantage avec leur tête, tout en imposant leurs muscles et leur vitesse. La finale que tout le monde attendait entre l’Espagne et les USA est donc programmée!

Luis Scola, extraordinaire d'intensité et de courage, meilleur scoreur du match avec 28 pts plus 11 rbds
The Road to redemption (part1)
Après avoir explosé tous ses adversaires dans le tour de qualification par plus de 32 points d’avance, Team USA se frottait à l’Australie en quart de finale. Les “Boomers” avaient créé la sensation en éliminant la Russie, championne d’Europe en titre. Même si l’Australie ne semblait guère armée pour faire trembler les Etats-Unis, ces derniers se devaient tout de même de se méfier des coéquipiers de Bogut qui les avaient longtemps accroché en match de préparation.
Mais la réalité d’un match amical n’est jamais celle des compétitions et Lebron James et ses potes n’ont pas fait dans la dentelle pour passer un obstacle qui ne s’annonçait pas trop rude, mais qu’il fallait tout de même négocier.

Melo déborde Bogut pour déposer le lay-up
Le premier quart-temps réveille les spectres du passé. Les Américains paraissent trop sûrs d’eux, surtout après un départ facile pendant lequel ils prennent une avance de 8 points: 11-3. Leur technique de donner la balle à Howard à l’intérieur pour qu’il aille provoquer la faute de Bogut (le seul NBAer de l’équipe australienne) marche très bien puisque l’ancien n°1 de la draft doit rapidement sortir pour deux fautes. Mais la défense US est clairement moins appliquée et les Australiens reviennent rapidement au contact grâce à leur adresse extérieure. Mais si les “Boomers” sont bien dans la zone au niveau shoots extérieurs, c’est loin d’être le cas dans la peinture. Howard se balade et a déjà scoré 8 points dans le premier quart et les intérieurs australiens semblent incapables de mettre un panier. Du coup les Ricains restent devant et c’est 25-24 à l’issue du premier quart.

Patrick Mills shoote par dessus la défense de Chris Bosh
Le deuxième quart voit le match s’emballer légèrement et les Australiens rester au contact grâce à un très bon repli défensif et le retour de Bogut au travail. Mais les Américains ont de la marge et Kobe d’abord puis James relancent la machine: 41-32. La fin de première mi-temps est carrément horrible entre les pertes de balles et les briques. Les intérieurs australiens ont vraiment les mains carrés et ne parviennent même pas à inquiéter une défense américaine pourtant très peu motivée. La pause est atteinte sur un coup de chaud des US qui plantent 5 pts sur un tomar de Bosh et un shoot au buzzer de Deron Williams. 55-43.

Kobe a fait parler son adresse avec 4/7 à 3pts
Au retour des vestiaires, les stars NBA semblent se réveiller. Kobe et Melo allument à 3pts et la défense est enfin en place. Du coup les malheureux Australiens se prennent une claque. Il faut attendre la 4e minute pour voir enfin Mills rentrer un panier. La fin du 3e quart voit les USA s’envoler avec une bonne circulation du ballon et une présence abusée sous les panneaux (17 rebonds offensifs à 2 en faveur des Américains). Saville tente bien de sauver ce qui peut l’être avec deux 3pts d’affilé mais Wade a fait son show et le quart se termine sur le score de 89-61.

D-Wade fait le spectacle face à la faible défense australienne
Le quatrième va s’apparenter à un grand moment de garbage-time. Coach K fait tourner son banc (remarquez qu’avec une puissance pareille sur le banc, il y a largement de quoi botter les fesses de n’importe qui). Kobe plante encore un 3pts pour terminer meilleur scoreur à 25 pts. James est partout comme d’habitude avec 16 pts (7/12), 9 rebonds, 3 assists et 4 interceptions. Carmelo Anthony termine le boulot avec 15 pts et 5 rebonds. Du côté australien, à l’exception du dragster Mills (20pts en 29 min), c’est un peu le désert et le score final ne laisse planer aucun doute: 116-85.

Chris Anstey tente le shoot 3pts, les "Boomers" n'ont jamais trouvé la solution
Mission remplie pour les Etats-Unis qui n’impressionnent toutefois personne. Il faut avouer que l’opposition n’était pas non plus de celles qui aident à se surpasser. La prochaine étape sera bien plus difficile à gérer, les USA retrouvant l’Argentine pour la revanche d’Athènes. Des Argentins qui se sont défait des Grecs dans un match magnifique et qui sont toujours pénibles à jouer.
Redeem Team
Dépossédée en 2004 par l’Argentine de son titre olympique pour la première fois depuis Barcelone 92, la “Dream Team” de basket US était venue à Pékin avec un seul et unique objectif: récupérer l’or! Une consécration qui échappe à la patrie du basket dans toutes les compétitions internationales depuis les championnats du monde 2002 à Indianapolis. Aujourd’hui, les Américains ont appris et franchement, ça se voit!
Tout d’abord, l’équipe a abandonné son nom de “Dream Team”. Ce nom qui caractérisait les équipes américaines depuis 92 et celle qui était vraiment une team de rêve, était devenu obsolète, témoin de l’arrogance des ricains. Cette année, l’équipe a pris le nom de “Redeem Team”: l’équipe du rachat. Si cette histoire est finalement assez anecdotique, elle eut au moins le mérite de démontrer clairement le nouvel état d’esprit des stars NBA. Un changement radical qui prit ses racines dans les fondements des cadres d’USA Basketball.
Suite aux multiples et catastrophiques échecs de l’équipe US, ses dirigeants changèrent de mode de pensée et commencèrent par engager l’homme miracle. Welcome Jerry Colangelo. Sélectionneur de génie, architecte des Phoenix Suns (qui sont régulièrement aux avant-poste de la NBA depuis une dizaine d’année grâce à une équipe atypique et originale) puis des Toronto Raptors (équipe comptant le plus de joueurs non américains en NBA), Colangelo connaissait le basket international et était pleinement conscient qu’empiler les stars et les faire s’entraîner trois jours ensemble ne suffisait plus. Il décida donc de créer une équipe qui changerait très peu et jouerait pendant trois ans ensemble dans l’optique de Pékin. L’équipe actuelle a donc participé au tournoi des Amériques ensemble, arrachant sans le moindre problème le strapontin pour les JO et développant déjà un fond de jeu commun très intéressant.
Car c’est la grande révolution. En recrutant un coach universitaire plus habitué aux systèmes de jeu et pas adepte du 1 contre 1 comme la plupart des coachs NBA, Colangelo changeait la donne. Son nom: Mike Krzyzewsky. Mythe vivant d’une des meilleures uni américaines, Mike habitua les superstars NBA à jouer avec les règles légèrement différentes de la FIBA et à appliquer plus strictement les systèmes de jeu collectif.
Une autre révolution eut lieu dans le choix des joueurs. Au lieu de prendre les meilleurs disponibles, Colangelo choisit quelques superstars (Lebron James, Kobe Bryant, Carmelo Anthony, Dwyane Wade, Dwight Howard) autour desquels cimenter l’équipe, et les entoura de joueurs, au demeurant tous stars NBA, choisis pour rendre un service particulier ( le shooteur 3pts Redd, le défenseur Prince, le meneur gestionnaire Kidd…). Au final, l’équipe présente un équilibre parfait entre les stars qui s’occupe du scoring (même si tous les joueurs sélectionnés sont capable de passer 20 pts à une défense) et les cols bleus qui font le travail dans l’ombre et assure le bon rendement de l’équipe.
Mais ce qui a changé surtout c’est l’état d’esprit des joueurs eux-mêmes. En NBA, Kobe est LA superstar. Sans doute meilleur attaquant du monde, il accepte volontiers aux JO de jouer en défense, neutralisant la star adverse, tout en prenant feu en attaque par moment. Des joueurs comme Bosh, Boozer, Paul, Williams qui sont les stars de leur équipe joue en international pour l’équipe et uniquement pour ça, acceptant de ne prendre que 5 shoots par match. Du premier au dernier, tous sont en mission. Et ça fait plaisir de voir des athlètes qui gagnent 15 millions de dollars par saison se défoncer pour leur pays et mouiller le maillot.
Grâce à leur puissance offensive, leur rage de vaincre et leur physique largement supérieur aux autres nations, les USA ont remporté facilement le premier tour en étant la seule équipe a gagner les 5 matchs. Le plus incroyable étant qu’ils les ont remporté avec une moyenne de 32 pts d’avance! Place maintenant aux choses sérieuses avec les quarts de finale!
Réhabilitons le dopage!
Avec le retour des beaux jours, le calendrier sportif donne à nouveau la part belle aux brebis galeuses que sont l’athlétisme et le cyclisme (Tour de France), pendant que les autres vont se gonfler discrètement dans les salles de muscu. Avec ces deux disciplines, au demeurant toujours très populaires, les soupçons (et pas que des soupçons) de dopage sont toujours au rendez-vous. Mais plutôt que de faire comme tout le monde et de tirer à boulet rouge sur ces malheureux, observons plutôt les énormes bienfaits qu’apporte le dopage au sport.
- Tout d’abord, on peut observer un renouvellement salutaire dans ces deux disciplines. En effet, depuis l’intensification de la lutte contre le dopage, le cyclisme et l’athlétisme ne font plus dans l’hégémonie lassante d’un seul sportif. Ici, pas de Federer ou de Schumacher, les cadors changent d’années en années et on a pas le temps d’apprendre à reconnaître notre sportif en un coup d’oeil sur le petit écran, qu’il disparaît déjà, éclaboussé par le scandale. Reconnaissez que c’est autrement plus rafraîchissant et passionnant!
- Grâce au dopage, les immenses et énervantes filiales publicitaires nous font le privilège de nous épargner les campagnes basées sur un cycliste. Ou du moins si elles le font, elles risquent de perdre des sous pour pas grand chose vu qu’une campagne de pub qui s’arrête après 4 mois d’exploitation c’est pas très rentable. Comme ça, il y en a plus pour les autres et c’est pas toujours les mêmes qui ramassent (bon d’accord, le foot en profite beaucoup et il était pas trop à plaindre mais que voulez-vous, le monde n’est pas parfait!)
- Le dopage est également un immense briseur de chômage! Pensez donc les milliers de laboratoires qui planchent, d’un côté pour aider ces pauvres coureurs brisés par la sauvagerie du milieu qui leur en demande toujours plus, et de l’autre pour tenter d’enrayer ce phénomène et offrir l’espoir aux centaines de sportifs propres (à noter que cette race a définitivement disparue du cyclisme depuis la retraite de Lance “Mr Je-reviens-de-l’enfer-sans-aide-médicale-et-je-massacre-tout-le-monde-toujours-sans-aide-médicale” Armstrong).
- Le dopage a relancé l’intérêt du public pour ces sports qui commençaient à s’essoufler. Ben oui, chaque année on se dit que le TDF sera mieux, que les coureurs seront plus propres alors on regarde un petit peu quand même. Et grâce au dopage, les caïds de l’athlétisme peuvent continuer à battre les records mondiaux (ce qui semble parfois un brin humainement impossible, mais je dois sûrement faire preuve de mauvaise foi). Parce que bon, un sport qui compte surtout sur les exploits chronométriques de ses stars l’aurait un peu mal si les records dataient tous des années 50…
Bref, nul doute que l’on pourrait continuer ainsi encore longtemps. Alors cessons donc de s’acharner sur ce pauvre dopage et reconnaissons enfin l’immense bien qu’il a fait au sport! Messieurs, tous à vos seringues!
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