The Dark Knight
920 millions de recette mondial en à peu près 7 semaines d’exploitation! C’est le score hallucinant de “The Dark Knight”, le nouveau Batman. Le public ne s’y est pas trompé et s’est déplacé en masse pour aller voir ce qui risque bien de devenir le 2e film le plus rentable de l’histoire. Si Titanic est toujours aussi insubmersible, le chevalier noir pourrait bien aller chercher Frodon et Aragorn à la 2e place du classement du box-office mondial. Du moins, sur les USA, c’est déjà fait, puisque “The Dark Knight” a passé la barre des 500 millions la semaine dernière. Réussite extraordinaire pour un film qui l’est tout autant.
“The Dark Knight” éblouit sur tous les points: film d’action explosif, thriller psychologique torturé au possible, pamphlet social pessimiste, ce film mélange les genres pour créer un condensé impressionnant de maîtrise et de noirceur. Car “The Dark Knight”, c’est avant tout une oeuvre très sombre et pessimiste. Batman, qui poursuit sa lutte contre le crime de Gotham, va devoir payer cher sa quête de justice. L’émergence de nouveaux criminels, tel que le monstrueux Joker, dont le but n’est que chaos, transforme Gotham et instaure de nouvelles règles.
En reprenant les éléments qui avaient fait la force de “Batman Begins” et en les accentuant encore, Christopher Nolan persiste et signe. L’atmosphère sombre et le dualisme Bruce Wayne/Batman sont encore plus présents dans “The Dark Knight”. Mais Nolan évite habilement de faire une redite de “Begins”. Les scènes d’action sont bien plus explosives et longues, les personnages secondaires gagnent en importance, le scénario regorge de rebondissements haletants et tient le spectateur en haleine pendant 2h30 sans temps morts.
Mais “The Dark Knight” c’est surtout une ode à la gloire du méchant absolu: le Joker, porté par l’interprétation tout simplement abasourdissante de Heath Ledger ( son suicide immédiatement après le tournage ajoute encore à l’impression de mal-être du personnage), est omniprésent. Dévorant l’écran, même lorsqu’il n’y apparaît pas, il devient la pensée centrale de chacun des protagonistes, dévorant petit à petit tout le bien qui subsiste à Gotham et terrorisant les rues. Nolan démontre une fois de plus qu’il est un maître absolu dans la compréhension et l’expression du potentiel de ses personnages. Car même si le Joker règne sur Gotham, comme sur le film, Nolan n’en oublie pas ses “seconds couteaux”(sans même parler de Batman), et les développe parfaitement, livrant au final un film qui serait capable de concurrencer honorablement un livre dans le traitement de ses personnages.
Le succès incroyable de “The Dark Knight” a d’ors et déjà fait des émules, et alors que Nolan ne comptait pas forcément atteindre la trilogie, le public s’attend déjà à une suite. La Warner Bros a annoncé qu’elle ne forcerait rien et que la décision était entièrement laissé au soin du réalisateur. Il ne reste donc plus qu’à prier pour que Nolan décide de faire un 3e Batman…Tout en gardant à l’esprit que faire mieux risque d’être absolument impossible!
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